Vidéo. Derrière les œuvres de l’exposition Pièces Maîtresses à Marvejols

Du 24 juillet au 2 septembre, de jeunes artistes investissent des vitrines du centre de Marvejols avec l’exposition « Pièces Maîtresses », organisée par La Baie, une association créée par Alexia Pouget-Néron, une enfant du pays, et Agnès Quenardel, qui se sont rencontrées à l’École des Beaux Arts de Lyon. Leur objectif est de mettre en valeur le travail de jeunes artistes, en investissant des vitrines de villages. « On aimerait bien que les routes de campagne soient considérées comme tout aussi intéressantes et porteuses que les grandes villes pour l’art contemporain », résument-elles.

Vidéo LD/Cyprien Rome, 23 juillet 2021

Quatre installations d’art contemporain à découvrir en vitrines Porte Chanelles et rue de la Laine à Marvejols

Joséphine Chauchat

Nos yeux sont équipés de paupières de Joséphine Chauchat
Jeux de couleurs, de détails, d’accommodation du regard, Joséphine Chauchat joue de l’intime Porte de Chanelles. Entre grain de photo et grain de peau, elle met en scène l’espace du lit « comme une ouverture vers un ailleurs ». De grandes images emplissent la vitrine. L’armature de bois les enserre tel un cadre ancien, cadre de lit massif des chambres de nos grands-parents. Le spectateur est poussé au recul. Un homme est allongé, dort-il ? Une tête de mésange le confronte, démesurée. Des mains s’enlacent en clair-obscur. Apposées par dessus, de petites photos en noir et blanc forcent l’approche, le plissement des yeux sur des images en mouvement. « Les photos glissent les unes à la suite des autres, comme elles défilent sur Instagram. Dès que l’on met des images ensemble, elles s’articulent et racontent une histoire ».

Ubu, de Raphaëlle Sabattié
La vitrine se fait porte de box, fenêtre sur écurie. Deux imposantes jambes de grès sont érigées sur fond de toile rousse. « L’idée est d’évoquer un souvenir d’enfance, explique Raphaëlle Sabattié. Je suis montée à cheval très tôt, dès mes cinq ans et je voulais donner cette impression d’exacerbation, d’un animal à la fois très imposant et fragile. » Les colonnes semblent façonnées et figées dans le sable mouillé, le procédé mis en évidence par les couches successives qui « s’affaissent et dégoulinent ». Le tout se détache sur un tissu « dont la couleur rappelle la robe du cheval. Il était orange, alezan brûlé plus exactement. L’idée est également de ré-aplatir la sculpture pour rappeler le travail de dessin réalisé en amont. »

Le Fond du couloir de Bérénice Nouvel

Deux rues plus loin à peine, dans l’ancienne parfumerie de la Rue de la Laine, Bérénice Nouvel s’est appropriée la vitrine de gauche avec Le Fond du couloir. Plutôt habituée à travailler la représentation des espaces domestiques sur châssis, la jeune artiste s’est volontiers prêtée à cette mise en espace dans une vitrine. « C’était intéressant d’investir un volume dans lequel on peut entrer. » Palmiers rose saturé sur fond rose flamand rose, parquet peint aux nervures inégales. En hauteur, un tableau factice, au ras du sol, une prise électrique en trompe l’œil. Tout est peint à la main. Certains passants reconnaîtront peut-être l’esthétique du tableau, un paysage naïf qui n’est autre que « l’agrandissement de l’émoji « peinture » de la multinationale Apple. Je voulais soulever une question réflexive sur la définition de ce qu’est une peinture », précise Bérénice Nouvel.

Les Jardins divers de la Team Fleur
Rue de la Laine, dans la vitrine de droite, est installée la réalisation de la Team Fleur, Les Jardins divers. Dans une structure métallique sont suspendus tête en bas, des bouquets de fleurs cueillis aux alentours et séchés sur place. « D’habitude, nous faisons du Land art, nous construisons des cabanes, de scénographies dans de grands espaces extérieurs. Ici, l’enjeu était d’introduire un jardin dans un petit espace, expliquent Pierre Pétunia et Benoît Bégonia, qui forment avec Maxime Magnolia, la Team Fleur née de la rencontre de ces trois étudiants en École d’architecture à Nancy. « Ce qui nous plaît, c’est de manipuler les matériaux plutôt que de les penser. Ici, nous avons voulu créer un jardin d’hiver, une serre, un lieu d’épanouissement à l’intérieur de la maison. »

Texte et Photos Hélène Gosselin

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