Deux temps forts en Lozère pour honorer le courage des réfugiés

Ce jeudi 1er juillet, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, les associations Aurore et La Traverse appelaient à se réunir à Marvejols, place Daurade, sur les rythmes enjoués de la batucada Santuka et des percussionnistes de Mano Fola. Le lendemain, c’est au Chapitre de Mende que les associations La Perm et la Ligue de l’Enseignement proposent de se retrouver autour du documentaire « En quête d’un refuge »*.

La Journée mondiale des réfugiés a été instaurée par les Nations Unies en 2001. Habituellement, elle se déroule le 20 juin, mais pour des raisons de réserve électorale, les associations lozériennes ont dû attendre les 1er et 2 juillet pour sortir les gâteaux du four, accrocher les œuvres et sonner le tambour. Un délai qui leur a apporté un soleil radieux que ne boudent pas les deux chevilles ouvrières de la journée marvejolaise : Lisa Bonnefoy, pour Aurore, et Soukeyna El Hari, de La Traverse : « Cette journée est importante, car elle a pour vocation de mettre les réfugiés et les demandeurs d’asile à l’honneur ». « C’est également un moment qui permet de réduire les stéréotypes que l’on voit de plus en plus souvent sur les migrants en France, poursuit Benjamin Bechard, de l’association La Perm. Or, le premier accueil qu’on leur fait est primordial pour la suite de leur parcours ».

« Quand ils arrivent, le plus dur n’est pas encore derrière eux »
D’après l’ONU, ils sont 82,5 millions à se trouver dans une situation de déplacement forcé, un nombre sans précédent. Quelques familles arrivent en Lozère, venues d’Afghanistan, du Sénégal ou d’ailleurs. Ils tentent de se faire ici une nouvelle vie, de trouver leur espace. « On pense souvent au courage qu’ils on eu d’arriver jusqu’ici, avec des parcours, des traversées, des moments extrêmement difficiles, mais il y a aussi le courage de vivre ce qu’ils ont à vivre quand ils arrivent ici, parce que le plus dur n’est pas encore derrière eux, poursuit Dominique Gabeloux, Présidente de La Traverse. Dans leur parcours de régularisation, il leur faut beaucoup de courage à tous les instants, et dans la durée, le courage du déracinement, de la vie dans un pays étranger, de penser à leur famille qui est loin et avec laquelle ils n’auront très certainement plus de contact physique ».
Ces femmes, hommes et enfants contraints de quitter leur foyer, leur famille, leur pays, arrivent en France dépouillés de tout. « La priorité est de leur apporter du respect, de trouver un logement, pour qu’ils puissent s’installer dans un minimum de confort, afin qu’ils aient de quoi faire à manger et un endroit où dormir, explique Frédéric Merel, chef de service de l’association Aurore-Lozère. Ensuite, ce qui est très important est d’établir une relation de confiance qui va nous permettre de les accompagner pour qu’ils se sentent bien en France et en Lozère. »

Un processus en décalage avec leur réalité
Avoir de quoi manger, dormir en sécurité, pouvoir se laver… des besoins vitaux, avant de pouvoir passer aux étapes suivantes, souvent en un temps record. « Quand les personnes arrivent, parfois elles ne parlent pas la langue ni l’anglais. La difficulté est de trouver un moyen de se rencontrer, puis de faire comprendre quelles sont les exigences administratives, souligne Corinne Sauvion, Directrice de l’association La Traverse, qui gère trente places d’hébergement d’urgence pour les demandeurs d’asile (Huda). Il y a tout un processus complètement en décalage par rapport à leur réalité qui est centrée sur des attentes primaires, de protection, d’alimentation, de lien avec leur famille… et les intervenants sociaux n’ont pas le temps de rencontrer les personnes dans leur entièreté culturelle. Il nous faudrait plus de temps ! »

La Journée des réfugiées permet une parenthèse dans cette course aux obligations administratives. On y échange des plats, de la musique, des pas de danse, des dessins nés d’un atelier… Pour les accompagner, favoriser leur apprentissage de la langue, alléger la charge et les aider à prendre leurs marques dans ces nouveaux repères, les associations sont à la recherche de bénévoles. Pour des ateliers, des cours de Français, aller faire les courses, organiser des repas, emmener les enfants à des activités de loisir ou sportives… Pour un peu d’humanité hors des carcans.

Texte et Photos Hélène Gosselin

*Projection à 14h dans les locaux de la Ligue de l’Enseignement au Chapitre à Mende, suivie d’un goûter.
Contacts des associations :
Aurore (Frédéric Merel) : 06.11.09.11.24, Hébergement d’urgence pour les demandeurs d’asile (30 places) : 04.66.49.21.75, La Perm-Collectif SIAO48 à Marvejols : 04.66.32.32.24 et à Saint-Chély-d’Apcher : 04.66.32.69.22, La Ligue de l’Enseignement : 04.66.49.00.30

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